15 décembre 2005

Bonnes résolutions.

Parfois quelques textes, simples, mais qui font plaisir: source les maternelles, france5:

Je voudrais profiter de ma toute première chronique de l'année pour proposer à nos chers téléspectatrices et téléspectateurs une bonne résolution pour 2006. Vous qui avez des enfants en bas âge, des petits enfants ou êtes sur le point de mettre au monde ce qui se fait de plus beau sur Terre, et bien sachez que votre descendance va devoir faire face au plus grand défi que l'Homme a jamais eu à affronter : le changement climatique.

On en a tous entendu parler, ce changement climatique est essentiellement lié à la pollution de l'air qui provoque une augmentation de l'effet de serre, ce qui dérègle le climat au niveau mondial. Et ça c'est pas une mince affaire !

Surtout que les scientifiques réalisent chaque jour que c'est très complexe, que de nombreux paramètres entrent en jeu, la plupart encore mal connus, et que le phénomène s'accélère plus vite que prévu.

Dans 20 à 30 ans, c'est-à-dire quand vos enfants seront à leur tour en passe de fonder une famille, la Terre aura changé, et malheureusement pas en mieux. Il fera plus chaud dans certaines régions de France, plus froid dans d'autres, l'eau va se faire plus rare, des espèces animales et végétales vont disparaître, d'autres, invasives, vont apparaître, il y aura plus de catastrophes climatiques comme les tempêtes ou les inondations, et franchement, c'est pas du tout ce que je souhaite à mes enfants.

Alors, je ne suis pas là pour faire du catastrophisme, mais là, faut quand même un petit peu se bouger. Arrêtons de croire que l'enfer c'est les autres, les Américains, les Chinois, les industriels, les capitalistes. Stop ! Le changement climatique, c'est notre affaire à tous, à titre individuel, en tant que consommateur, père ou mère de famille, salarié, chômeur, blanc, noir, tout ce que vous voulez.

Le problème, c'est qu'on a du mal à changer nos comportements, c'est dur de modifier ses habitudes, surtout quand on ne mesure pas, qu'on ne voit pas les résultats immédiats. C'est tellement flou, tellement diffus et tellement lointain que quelque part, on ne se sent pas concerné.

Alors je voudrais vous donner un conseil, simple, qui s'applique à tous, dès maintenant et pour tout le restant de votre vie. Imaginez que, de votre habitation, chaque jour, il y a plein de choses qui se perdent, qui s'échappent et souvent inutilement : de l'eau, des produits, de l'énergie. Et c'est vraiment ce qui se passe !

Alors, votre but à vous, c'est de limiter ces pertes, et pour chacune des pièces de votre habitation, en y entrant, vous allez vous poser la question : quel petit geste tout simple me permettrait de moins perdre, de moins consommer pour mieux respecter la Terre ?

[...]

Dites-vous bien que, quoi que vous fassiez, chez vous, au travail, en vacances, il y a forcément des améliorations à faire. Changer ses habitudes, c'est bien la clé...alors commencez là, maintenant, parce que sinon on oublie vite...

Et surtout, une fois que vous avez décidé ce petit changement, initiez-le aux membres de votre famille, pas de manière autoritaire, bien sûr, mais de manière joyeuse, comme une sorte de jeu.

Ca n'a l'air de rien comme ça, mais si chacune et chacun d'entre vous passe à l'action avec sa petite et géniale famille, ça fait plusieurs millions !

Et si vous vous sentez un peu seul, incompris, dites-vous que lorsqu'il s'agit de respecter et protéger la Terre, on n'a jamais tort d'avoir raison tout seul !

 Jean-Thierry Winstel

12 décembre 2005

ça roule.

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Les veaux d'or

"Il n'est vraiment pas indispensable de vénérer des veaux d'or, de courber l'échine à chaque pas devant leurs maîtres, de tout subordonner au diktat de la publicité et des médias, de se laisser piéger par toutes les innovation immaginables et possibles des biens de consommation, innovations qui ont pour seul effet durable le pillage des ressources naturelles, et la pollution atmosphérique. Il n'y a aucune raison de voir le sens de toute action humaine dans la croissance continue du produit intérieur brut !"
Vaclav Havel, Discours au Sénat du 3 mars 1999
 

Les idées dominantes et déraisonnables du monde qui bouge

 

Le premier paradigme de la déraison, c'est la volonté de tout normaliser. Il faut créer pour tout des normes, car la normalisation des données constitutives de la société, de l'être humain, permet seule l'application intégrale des techniques et en même temps permet seule l'universalisation.


Le second paradigme de la déraison, c'est l'obsession du changement à tout prix : c'est la forme populaire prise par le mythe du progrès. Du moment que nous sommes dans une ère de progrès, il ne faut jamais rester sur place. Il faut changer tous les objets de notre vie quotidienne, et rien ne doit être fait pour durer. Le durable (y compris les relations interhumaines), fait partie d'un univers totalement dépassé.


Le troisième paradigme de la déraison, c'est la croissance, à tout prix. On ne se demande ni : la croissance de quoi ? Ni : cette croissance est-elle utile ? Ni même : que fera-t-on de tous ces excédents ? Aucun intérêt (et c'est bien ici la marque de la déraison), la croissance se justifie par elle-même.


Le quatrième paradigme de la déraison, c'est réaliser toujours plus vite. Il n'est pas impossible que beaucoup de tâches demandant un travail accéléré soient faites à présent par les machines, mais la vie globalement est contrainte à une vitesse croissante du fait même de ces machines.


Enfin le dernier paradigme est celui-là implicite : il s'agit de la récusation de tout jugement sur ce qui est opéré par les techniques. C'est aussi bien le refus du jugement moral (il n'est pas bien de faire...), que du jugement de la raison (est-il déraisonnable de faire...). Ainsi, est-il raisonnable de produire bien au-delà de nos besoins ?

 

Jacques Ellul, "Le Bluff Technologique", 1988