25 novembre 2005

Régime alimentaire.

Un rapport de l’Institut international pour la gestion de l’eau(International Water Management Institute), soulignant que 840 millions de personnes demeurent sous-alimentées, recommande de trouver des moyens de produire plus d’aliments en utilisant moins d’eau. Le rapport note qu’il faut 550 litres d’eau pour produire suffisamment de farine nécessaire à la fabrication d’une miche de pain dans les pays en développement... mais jusqu’à 7000 litres d’eau pour produire 100 grammes de boeuf.

Commission des Nations Unies sur le développement durable, "L’eau - plus d’alimentation par goutte d’eau", 2004.

Cadeau de Noël.

(merci à ma petite soeur pour m'avoir parlé de ce monsieur ;-) ).

Voilà, je vais vous transmettre ici les propos de Jean-Thierry Winstel, diffusés le 25 novembre 2005 sur France 5 .

Chaque année, on a droit à la frénésie des achats de Noël : ça consomme à mort dans tous les sens et il y a de la pub et des produits à perte de vue... Mais je me dis parfois que ce n'est pas forcément ce que le petit Jésus avait prévu au départ.

Je n'entrerai pas dans des considérations religieuses. Moi, ce qui m'intéresse, avant le ciel et l'enfer, c'est le paradis terrestre. Et force est de constater que les achats de Noël, dans leur très grande majorité, ne se soucient guère d'environnement.

Et plus ça va, plus on se casse la tête pour savoir ce que l'on pourrait offrir qui ne l'a pas encore été. Autrement dit, ce qui devrait être un plaisir en arrive à être une contrainte.

Alors, voici quelques conseils pour consommer mieux et moins, en faisant au moins autant plaisir à vos proches !

1 - Posez-vous les bonnes questions sur les jouets made in China. On a toujours très peu de garanties sur le respect des droits du travail et des normes de sécurité et d'environnement. Ok, ça coûte moins cher ; Ok, on a plus guère le choix car 70 % des jouets mondiaux sont fabriqués là-bas, mais personnellement, offrir un cadeau à mon enfant qui a peut-être été fabriqué par un autre enfant à peu près du même âge, et dont la production a peut-être pollué l'eau, le sol ou l'air, je m'y refuse.

2 - Evitez les jouets contenant des piles, car même si elles peuvent - et doivent - être recyclées en les ramenant chez un revendeur, ça produit toujours des déchets. Et si vraiment un jouet à pile vous "branche", offrez en même temps un chargeur de piles avec ses batteries, c'est toujours mieux pour l'environnement.

3 - Essayez de trouver des cadeaux utiles, qui servent vraiment et favorisent l'épanouissement personnel. Par exemple, pour les enfants, des jeux et jouets éducatifs, pas forcément issus de la dernière série télé, et qui favorisent la découverte et l'éveil des sens, la curiosité, l'ouverture sur le monde.

4 - Tentez aussi la dématérialisation, c'est-à-dire les cadeaux peu consommateurs de matières, comme les invitations au théâtre, au cinéma, au concert, des séjours à la campagne, à la montagne...

5 - Concernant l'emballage, rappelez-vous l'hiver dernier, le salon jonché de papiers cadeau et de cartons en tous genres... Ça fait quand même beaucoup de déchets en très peu de temps. Alors, je vous propose de reprendre une idée canadienne : emballer vos cadeaux avec du vieux papier journal ou de vieux magazines. Ce n'est pas plus moche, bien plus original et en plus, vous pouvez choisir le journal en fonction du destinataire !

6 - Enfin, il n'y a pas de plus beau cadeau que ceux que vous avez pris soin de fabriquer vous-même. Ça au moins, c'est authentique, vous y avez passé du temps et dépensé de l'énergie.

 

 

On n'en est pas encore à N'ACHETEZ RIEN , mais ça fait plaisir quand même.

18 novembre 2005

Interview de Bruno Clémentin par Eric Mainville

Merci à Eric Mainville qui m'autorise à reproduire ici une entrevue avec Bruno Clémentin ( président de l'institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable).

(source http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/ )


Bruno Clémentin : « Les journalistes ont du mal à parler de décroissance »


Bruno Clémentin est membre du collectif Casseurs de pub. Il fait partie du comité éditorial de la revue La Décroissance. Il est cofondateur de l'Institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable (IEESDS). Il est également comédien.


Quelle a été la réaction dans les milieux proches de la Décroissance à la lecture des articles du Monde du 24 septembre dernier ?
Il y a eu pas mal d’échos. Dans l’ensemble, les gens sont contents qu’on lise le mot « décroissant ». Mais ils sont surpris. Ils ne se reconnaissent pas trop dans ces articles. Ils se demandent quels sont ces gens qu’on interviewe et en quoi ce qu’ils disent a à voir avec la décroissance.


Quelles sont les principales critiques que vous feriez concernant ces articles ?
Il me semble qu’ils mélangent un peu tout. Ils présentent le mouvement comme s’il était quelque chose d’uniforme. Des personnes sont interviewées, on ne sait pas trop pourquoi. La journaliste a dû entrer dans un magasin bio, elle a vu des clients et elle en a conclu : « c’est ça les décroissants ». On a un peu l’impression de lire un micro trottoir fait par un élève de 5ème ou de 6ème. C’est un peu court. Au final, l’ensemble remplit quasiment une page du Monde mais c’est vraiment du papier gâché.


Vous voulez dire, du point de vue écologique ?
Non, du point de vue intellectuel.


Peut-on dire que le journaliste du Monde est ironique à l’égard des anti consommation ?

Bien sûr. Nous ne sommes pas pris au sérieux. La journaliste parle des marqueurs, des nez de clown : c’est un peu léger.


Pourquoi, selon vous, les journalistes ne vous prennent-ils pas au sérieux ?
Actuellement, tout le monde pense à travers des schémas de croissance économique. Dans une rédaction comme celle du monde, très peu de journalistes traitent de sujets sous l’angle de la décroissance.


De quel traitement les mouvements « décroissants » font-ils l’objet dans les médias ?
Quand nous menons des actions, les médias en rendent compte. Ca a été le cas, par exemple, lors de la marche pour la décroissance en juin dernier. Mais ça ne suscite pas une grande réaction. La décroissance n’est sans doute pas un sujet qui donne lieu à actualité.


Les journaux n’abordent pas la question de la décroissance parce que c’est contre leur intérêt ?
Non, ce n’est pas contre leur intérêt, mais la logique dans laquelle sont pris les journalistes fait qu’ils ne peuvent nous traiter que par la dérision. En général, ils ont du mal à parler de décroissance. Libé, par exemple, nous traite de tribu. Ca n’est pas très sérieux.


Quel poids représente les mouvements décroissants ?
J’estime qu’il y a en France 500 000 personnes qui vivent proprement, c’est-à-dire sans trop polluer, si on comptabilise les gens de Greenpeace, Sortir du nucléaire, Silence, Nature et progrès, La décroissance… Nous vendons 15 000 exemplaires en kiosque de la revue la Décroissance, à quoi s’ajoutent 5500 abonnés et 2000 ventes militantes.

Propos recueillis par Eric Mainville

 

Note publiée aussi sur le blog réchauffement climatique