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06 juin 2006

UNICEF....et l'eau.

Tous les détails de l'opération est sur le site UNICEF. Mais voici quelques extrait de la façon dont cela se passe.

"Le programme a été lancé dès janvier 2006 dans certains villages du Niger. Grâce à un premier don de Volvic, l’UNICEF a organisé sur place le forage des premiers puits permettant ainsi de fournir l’accès à l’eau potable à 8000 Nigériens.

Volvic et l’UNICEF vous proposent aujourd’hui de vous engager avec eux pour poursuivre ce programme et fournir de l’eau potable à un plus grand nombre de personnes. Notre ambition est de toucher 8000 personnes supplémentaires grâce à vous.

Pour chaque litre d'eau vendu, Volvic s'engage à financer 10 litres d'eau potable supplémentaire au Sahel.

La mécanique est simple :

Le simple fait d’acheter des bouteilles d’eau nature suffit, il est inutile d’envoyer une preuve d’achat ou un ticket de caisse pour que votre achat contribue au programme.

Toutes les bouteilles et tous les packs Volvic nature vendus en France métropolitaine entre ces dates participent au programme, même si elles n'en portent pas la mention sur l’emballage."

Je ne sais que penser de cette opération que je qualifirais de publicitaire.

Je ne crois plus à la générosité désintéressée. Si la célèbre marque organise cette opération , c'est que cela lui rapporte!

Pour ma part, notre famille ne consomme que l'eau du robinet, même si elle a "un goût" !

L'eau en bouteille coûte très cher au porte monnaie, mais aussi à l'environnement:

Fabrication et recyclage (quand le trie est fait) des bouteilles en pétrole plastique et de leurs emballages, transports des bouteilles aux magasins en camions!

Pour moi, tout cela est une abération.

Maintenant, les gens qui vont acheter de l'eau en bouteille, vont avoir le sentiment de faire une bonne action! Mais pas celui d'être manipulés.

Par contre, des milliers de personnes qui se trouvent confrontées à la sécheresse, en grande partie à cause du dérèglement climatique, donc à cause de nous, auront de l'eau potable!
On ne peut pas faire de repproches à UNICEF!

Le29/03/06. 

 

Ajout du 6/06/06:Lu aujourd'hui dans le journal de la décroissance:

" L'entreprise d'eau minérale Volvic lance l'opération "1 litre pour 10 litres".

Chaque fois que vous polluez en achetant une bouteille de plastique au lieu de prendre l'eau au robinet, Volvic s'engage à puiser de l'eau dans le desert du Sahel pour les Nigérians.

Le tout avec la compromission de l'unicef. Les publicitaires sont des gens extraordinaires: ils font passer un acte polluant pour une bonne action.

 

10:50 Publié dans 073.Ce que je fais au quotidien. | Lien permanent | Envoyer cette note

Commentaires

facile de critiquer quand on ne fait rien pour ces pauvres gens. C'est pas pour autant de les laisser crever ; toute action est bonne si ça peut sauver 1 personne même si cela rapporte de l'argent à un intermédiaire.

Ecrit par : paul | 04 avril 2006

Bonjour Paul.

Il est clair que vous n’avez pas compris la dramatique situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Il est maintenant prouvé que la désertification progresse chaque année à cause du réchauffement climatique (et non à cause d’une mauvaise gestion des ressources par les indigènes), et que celui-ci est alimenté par les actes quotidiens de personnes comme vous et moi.

Si vous voulez aider l’Unicef, vous pouvez donc faire un don, mais si vous voulez aider « ces pauvres gens », et par là même vos propres enfants, une des actions la plus facile et la plus efficace consiste à arrêter de boire de l’eau en bouteille.

Ecrit par : TM | 05 avril 2006

Bonjour Paul,
Cette note ne critique nullement les actions de l'UNICEF. Il ne s'agit pas d'une critique, (quoique?) mais plutôt d'une réfléxion.
Et j'espère que vous ne parlez pas de moi quand vous dites "facile de critiquer quand on ne fait rien", car en me battant chaque jour contre les émissions de GES, je pense faire plus pour eux qu'en achetant Volvic.
De plus, rien n'empêche de faire un don, comme le dit TM. Cela supprime les intermédiaires et UNICEF est largement assez connu pour ne pas avoir besoin d'être sponsorisé.
Laurence.

Ecrit par : Laurence | 05 avril 2006

Ne plus boire de l'eau en bouteille n'aidera pas dans l'immédiat ces personnes qui meurt à cet instant. Pour ces gens, nous sommes dans l'urgence. Côté désertification, je suis bien au courant du problème car c'est mon métier.

Ecrit par : paul | 05 avril 2006

Je ne comprends pas.
Si vous êtes au courant par votre métier de l'évolution de la désertification, vous devez aussi connaitre les causes plus que probables de cette désertification.
Ne plus boire d'eau en bouteille, c'est limiter les émissions de GES. Ce geste à lui seul ne représente peut être que peu de choses. Mais je fais partie des gens qui pensent que chaque geste compte,( de l'objet non acheté, à la voiture pas utilisée, baisser le chauffage, recycler, économiser), que les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Pour ces gens, comme pour l'humanité entière, nous sommes en situation d'urgence.
En continuant à vivre comme nous le faisons, nous aggravons leur situation et la notre!

Consommer l'eau du robinet peut paraitre symbolique, mais cela fait parti d'un ensemble d'action en faveur de l'avenir de notre planète. Et je suis persuadée qu'en donnant la somme que vous ne dépenserez plus en eau-bouteille à UNICEF, l'UNICEF fera plus pour "ces gens" , qu'en passant par Volvic, sans aggraver la situation qui du coup est de plus en plus urgente.

Laurence.

Ecrit par : Laurence | 05 avril 2006

Que pensez vous de l'obligation d'allumer les phares des voitures en plein jour sachant que ça fait consommer 10% d'essence en plus sans compter l'usure plus rapide des batteries et des ampoules. Encore des mesures à accentuer la pollution. On pense surtout à la sécurité immédiate plutôt qu'au long terme.

Ecrit par : paul | 06 avril 2006

Je suis aussi contre l'obligation d'allumer les phares (http://www.vierurale.com/Humeur/ApocalypseMC.php?tCible=vrArticle&Id=ApoAgir4), même si je n'avance que 4% de surplus de consommation.

Ceci dit, pour réussir à diviser par 4 nos émissions en gaz à effet de serre en moins 40 ans (objectif de la communauté européenne, mais moi je pense que nous n'avons plus 40 ans devant nous), il va falloir être beaucoup plus efficace que ça.

Mais je suis tout à fait d'accord avec vous, Paul : on ne pense qu'à l'immédiat, et pas beaucoup à l'avenir...

Ecrit par : TM | 06 avril 2006

Je suis tout à fait d'accord avec vous.
En réduisant sa vitesse au lieu d'allumer ses feux, on agit sur les risques d'accidents et on consomme moins. Bien plus efficace pour maintenant et pour l'avenir.
Laurence.

Ecrit par : Laurence | 06 avril 2006

L'etat français n'autorise pas l'utilisation des biocarburants au particulier, c'est-a-dire la production familiale comme dans nos pays voisins. C'est sûr, pour l'Etat français, il ramasse tellement d'argent grace aux taxe des produits pétrolier qu'ils ne font rien pour que cela change ; vous avez vu le prix de l'essence en ce moment, c'est la flambée et personne ne dit rien, tout est occulté par le CPE.

Ecrit par : paul | 07 avril 2006

Vous avez une conversation très variée, Paul ;-). Délaissons donc « ces pauvres gens » et parlons du CPE ?

Je suis désolé, mais notre combat est trop important pour que nous nous laissions entraîner dans des débats qui n’ont pas un rapport direct avec nos émissions de gaz à effet de serre. Pour répondre quand même à votre remarque sur le prix du pétrole, 2 choses :

-1- le prix du pétrole (et du gaz) ne fera qu’augmenter, parce que les réserves s’épuisent,
-2- plus il sera chère, moins nous l’utiliserons et moins nous polluerons.

Pour être tout à fait clair, nous faisons parti des trop rares personnes qui souhaitent une augmentation des taxes sur les produits pétroliers (lire : http://www.manicore.com/documentation/taxe.html).

Mais pour finir sur une note positive, nous sommes évidemment pour les biocarburants, même s’il me faut compléter quelque peu vos informations (extrait de notre dossier sur le réchauffement climatique, page sur les transports : http://www.vierurale.com/Humeur/ApocalypseMC.php?tCible=vrArticle&Id=ApoAgir3_1)

« Quelques compléments sur la filières des biocarburants
[08/11/05 : pour des renseignements complémentaires, voir le rapport sur l'optimisation du dispositif de soutien à la filière biocarburants, rendu le 20/09/05 par une mission interministérielle.]

Les biocarburants sont des carburants obtenus à partir de la biomasse, c’est à dire des végétaux et certains déchets organiques. Il existe actuellement deux grandes filières de production de biocarburants :

1. la filière de l’éthanol, alcool qui peut être incorporé dans l’essence soit directement, soit sous forme d’ETBE (éthyl tertio butyl éther);
2. la filière des esters d’huiles végétales, principalement développés sous la forme d’EMHV (esters méthyliques d’huiles végétales) destinés aux véhicules diesel.

À l’horizon 2010, la France veut, conformément aux objectifs de la directive communautaire 2003/30/CE, amener le taux d’incorporation des biocarburants dans l’essence et dans le gazole à 5,75%, exprimé en valeur énergétique [les carburants n’ont pas les mêmes caractéristiques en termes de capacité énergétique : le rapport est de 0,92 pour les EMHV par rapport au gazole, et de 0,66 pour l’éthanol par rapport à l’essence].

Quand on sait que la filière EMHV dégage 3,3 fois moins de gaz à effet de serre à valeur énergétique égal que la filière gazole, et la filière éthanol 2,5 fois moins que la filière essence, ce limiter à 5,75% peut sembler stupide, mais il faut savoir que :

* l'impact sur l’effet de serre est en tout état de cause très inférieur à celui qui peut être obtenu par d'autres procédés d’appel à la biomasse pour la production de chaleur. Autrement dit, on émettra moins de gaz à effet de serre en brûlant "directement" la biomasse (dans une chaudière, par exemple, ou dans une centrale électrique) qu'en la transformant auparavant en éthanole ou en huile.
* avec les rendements actuels [et il y a peu de chance que ceux-ci augmentent, puisque le pétrole va bientôt nous faire défaut], l’objectif d’incorporation de 5,75 % de biocarburants dans les carburants fossiles devrait entraîner la production de 780 000 tonnes d’éthanol (correspondant à 220 000 hectares) et 2 400 000 tonnes d’EMHV (correspondant à 1 800 000 hectares d’oléagineux), soit 2 millions d'hectares (il y a 1,2 millions d’hectares de jachères), ce qui représente plus de 10 % de la surface labourable.

Les limites de nos productions ne nous permettent donc pas de considérer les biocarburants comme de nouveaux carburants propres, mais simplement comme des additifs qui permettent de diminuer les rejets en CO2. »

Ecrit par : TM | 07 avril 2006

Merci TM et Laurence de prendre le temps de ces éclaircissements précis et argumentés, très intéressants.

Ecrit par : Dilettante | 15 avril 2006

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