08 décembre 2005
Seul(e)s ?
Souvent, ce qui me décourage dans mes efforts de décroissance c'est le fait de se sentir très seuls.
En balade sur internet, il est possible de découvrir d'autres décroissants. Grâce au journal des "casseurs de pub"( la décroissance, le journal de la joie de vivre), je vois qu'il y a du monde qui s'implique dans un mode de vie décroissant.
Mais, ici , dans mon village, où je rencontre des gens "en vrai", quelle solitude!!
Je me dis parfois qu'il serait plus simple de vivre la décroissance volontaire en s'isolant plus du monde.
Et si les enfants n'allaient pas à l'école? Finies les comparaisons et les besoins que la mode impose.
Se débarrasser de la télé apportrait sûrement beaucoup de bonnes choses à ma famille, mais le pas est difficile à franchir.
Nous refusons beaucoup de choses à nos enfants, du style faire 20 km pour aller passer quelques heures chez une copine, pas d'activités extra-scolaires qui imposeraient des déplacement continuels, pas de vacances à la mer, les achats superflux sont pesés, renoncés ou d'occasions.
Noël: période difficile pour ne pas croitre: c'est l'horreur!
Tous les copains:copines ont des tas de choses ou vont avoir....J'ai du mal à dire: ben non, nous devons réfléchir à l'impact de nos consommations sur l'environnement, alors, pas trop de cadeaux, pas de made in China (autant dire qu'on est très vite limité, voir impossible). Et encore, nous n'avons plus de publicité dans la boite à lettres!
Notre alimentation a changé: fini les bananes, les lichis, les avocats et autres fruits importés (même le poires de Nouvelles Zélande sont moins chères que les poires de Savoie!). Limitation du chocolat (mais on a cédé pour les papillottes de Noël). Le café est reservé aux petits plaisirs occasionnels ou quand nous avons des invités (nous avons déjà offert de la chicorée, mais elle a mauvaise réputation, pourtant tout n'est question que d'habitude). La viande n'a pas complétement disparu de notre régime alimentaire, il y en a une à deux fois par semaine (ce qui ravi ma fille ainée qui est végétarienne depuis 3 ans et demi).
Bref, beaucoup de changement et d'efforts qui ne sont pas compris par tous ceux qui ne comprennent pas la gravité de la situation.
Le plus désagréable, c'est quand on nous dit que cela ne sert à rien, qu'on ne va pas changer l'avenir de la planète parce qu'on ne mange pas de viande! C'est si faux!
En tout cas, nous pourrons dire que nous avons fait ce que nous pouvions à notre echelle.
Enfin voilà, actuellement, je souhaiterais pouvoir communiquer avec des familles qui auraient vécu les mêmes évolutions que nous.
Comment faire accepter tous ces "sacrifices" aux enfants ! car pour eux, il me semble que c'est encore plus dur. A leurs âges (12, 11 et 8 ans), ils vivent beaucoup par rapport aux autres et il est difficile de se sentir différent.
(Par exemple, si ma fille ne va pas à une invitation :elle ne dit pas que nous refusons les déplacement pour des raisons écologiques, c'est trop difficile à expliquer; elle dit que nous sommes déjà pris ce jour là.)
Comment supprimer la télé sans provoquer la révolution! Je m'y sens prête, mais dois-je l'imposer au reste de la famille?
Bref, je suis en quète d'échanges avec des personnes qui pourraient nous conseiller ou nous soutenir dans notre marche vers la décroissance.
La note "est-ce que la simplicité volontaire c'est se priver?" me perturbe quelque peu.
Oui, je veux décroitre, oui, je veux réduire mon emprunte écologique, mais quand on dit:" Il ne s’agit pas de se forcer à le faire, mais de le faire parce qu’on en a envie.", j'en arrive a me demander où j'en suis.
Même si je me sens libérée de l'emprise de la publicité et de la société de consommation, et que je me sens plus libre de mes actes parce que j'ai compris que le mode de vie que j'avais avant n'était pas bon; même si je fait ces démarches de bon coeur parce que j'en ai envie et que j'estime que c'est ma responsabilité, pour l'instant cela est encore un effort ! (cueillir ses fraises , ses salades, ses poireaux, et tomates, etc dans son propre potager est un réel plaisir, c'est certain. Le travail que cela demande rend la récolte encore plus savoureuse! Mais je ne vais pas forcément aller arroser le soir avec plaisir, ou désharber en chantant)
Toutes ces reflexions sont plutôt sinueuses, mais, j'espère, pas trop illisibles.
10:30 Publié dans Réfléxions.... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Décroissance volontaire
Commentaires
salut
Ma copine est moi même essayons de limiter notre impact sur l'envirrnnement, la décroissance nous parait une bonne chose mais :
Je ne te conseil pas d'être aussi dragstique dans ton mode de vie
Tu ne vivras pas mieux si tu t'isole et isole ta famille, les liens sociaux sont nécessaires pour s'épanouir
Ta fille dois aller aux fêtes, elle ne peut pas sacrifier et mentir pour un idéal qu'elle ne peut pas encore assumer car elle ne se l'ai peut etre pas approprié.
C'est vrai que limiter ses déplacements est louable mais privé une enfant de sa vie social est dangereux, cela peut l'amener à rejeter tes idéaux
Une fete de temps en temps c'est pas tuer le monde et acheter du vrai café (equitable au pire) si c'est rare n'est pas si grave, vrai cela exploite une terre qui pourrai nourir mais peut etre un equilibre entre exportation de café et culture vivriere est plus raisonnable.
Je ne pense pas que la décroissance doit se concretiser dans l'arret des echanges ou dumoins les limiter à 2km autour de chez toi, car chaque communauté aura des biens necessaires que d'autre n'aurons pas et l'echange sera porteur d'humanité et de complementarité.
Explique à tes enfants et laisse les décider de leurs pratiques, le but est qu'ils prennent conscience cytoyenne et choisissent en connaissance de cause. Imposer, c'est parfois tuer le message par la ranqueur crée par le manque de liberté.
Tu peux manger un peu de viande, une à deux fois par semaine. Fait des cadeaux autres comme un livre un objet que tu à fabriqué un dessin ....
La télé toute mauvaise qu'elle soit permet tout de meme d'etre informé, le tout est de savoir quoi prendre et laisser, avoir du recul, c'est un lien social indéniable et le decroissant n'est pas technophobe mais technoraisonable.
VOila je suis peut etre dans l'erreur et je m'exprime surement mal
Ecrit par : nicohomeless | 08 décembre 2005
Bonjour,
et merci pour cette réaction rapide.Et rassurez vous, vous ne vous exprimez pas mal du tout ;-).
Il est vrai quand je relis la note que je viens de faire, qu'on pourrait croire que nous vivons comme des ermites. Mais non, nous avons une vie sociale, nous partageons des idées avec les personnes du village, mais surtout les personnes agées.
Je ne refuse pas toutes les sorties aux enfants. Les sorties pour les copains/copines sont justes plus réfléchies. (est ce bien raisonnable de faire deux aller-retours de 40km?) Et puis ils sont trois enfants, alors accepter pour un, c'est accepter aussi pour les autres, donc, on pourrait faire des tas de km le mercredi!)
Nous allons même à la piscine parfois ou au cinéma (mais je me débrouille pour y associer le jour des courses!).
Nous parlons de problèmes et d'empreinte écologiques depuis plus de deux ans et les enfants semblent comprendre les enjeux.
Ils ont même un regard très critique sur le mode de vie de leurs camarades, mais ce sont leurs amis et nos idéaux ne les empèchent pas d'être heureux ensemble.
Ils mangent à la cantine du collège et font leurs propres selections (pomme plutôt que yaourt, éviter les produit emballés individuellement). Nous leurs avons dit qu'à l'exterieur c'est différent parce qu'ils n'ont pas le choix (ils sont obligés de se servir de la viande tous les midis par exemple).
Donc je pense qu'ils ont bien compris et accepté nos idéaux, puisqu'ils font des efforts que nous ne leur demandons pas.
Mais peut être effectivement, que je veux aller trop loin trop vite, c'est possible.
J'ai tellement peur de l'avenir, que je voudrais controler chacun de mes actes, mais c'est trop difficile et déprimant.
J'ai déjà laché un peu la bride pour Noël (les cadeaux, je voulais réduire, mais tant pis pour une fois...il n'y aura pas que du local, entre livres et objets fabriqués maisons, il y a une poupée de Chine.).
Et j'ai promis à mon fiston, pour Noël, on va acheter des bananes (l'orange de nos grand-parents).
Un point positif tout de même, par exemple pour le café que nous prenions tous les matins sans nous poser de questions, maintenant c'et pour moi un plaisir de le déguster, mais la chicorée tous les matins ne me gène pas. Il y a pas mal d'exemples comme ça, qui rendent les choses positives, c'est que nous avons pris conscience de la chance que nous avons d'avoir tant de choses à disposition alors qu'avant, cela semblait normal.
Ecrit par : Laurence | 08 décembre 2005
Je pense que les gens ne vous suivent pas car cela n'a aucun impact d'une manière générale sur la planète. Libre à vous de faire votre mode de vie comme vous le désirez mais il ne faut pas l'imposer.
Lors de la conférence de Montréal, les scientifiques annoncent une augmentation de 60% de gaz à effet de serre et ce parce que les principaux pays concernés ne font rien ou pas assez. Il est clair que la mobilisation individuelle ne peut pas avoir un impact planètaire, hélas. Mais ce n'est pas pour cela de ne rien faire.
Pour parler de la consommation et des profit, je vous donne l'exemple de la société "Doux" en Bretagne, c'est le plus gros producteur de poulet. Et bien cette société a décidé de ferme des milliers de mètre carré de hangars d'élevage de poulet pour les ouvrir au Brésil car là-bas le soja est moins cher. Et le comble, grâce au principe de l'OMC, cette société exporte ensuite ses poulets... où ça... et bien en Europe. C'est-à-dire que ça leur revient moins cher de produire au Brésil et de faire prendre l'avion aux Poulets que de produire en Bretagne. Merci l'OMC
Ecrit par : christian | 11 décembre 2005
bonjour,
bien sûr des exemples comme cela courrent les rues!
Pas besoin d'aller chercher si loin: mes voisins ont une piscine, alors que j'économise l'eau, dois arrêter d'économiser?
Mes voisins ont un 4X4, dois-je m'offrir un voyage en Egypte?
Mes voisins achètent des bananes des Antilles, je peux manger des oranges de Floride?
Mes voisins font 60 km pour aller à la piscine, je ne vais pas me priver d'une sortie?
Non! Le fait que les erreurs soient commises par beaucoup de monde ne rend pas la faute moins grave!
Je préfère agir dans l'autre sens.
Je refuse de croire que l'action n'a aucun impact. C'est faux. Il faut seulement que nous soyons nombreux. Mais TOUS CEUX QUI DISENT QUE CA NE SERT A RIEN, pour moi, C'EST UNE EXCUSE POUR NE RIEN FAIRE, ne pas remettre en cause son petit confort et reporter la faute sur "les autres".
Vous dites:" les gens ne vous suivent pas car cela n'a aucun impact d'une manière générale sur la planète" mais c'est le contraire "cela n'a aucun impact d'une manière générale sur la planète parce que les gens ne vous suivent pas "
Je n'impose mon mode de vie à personne. Je n'en ai ni le pouvoir, ni le désir. Je ne parle que de ma famille et je souhaite seulement que mes choix soient respectés.
Et pitié qu'on arrête de me dire que ça ne sert à rien!
Ecrit par : Laurence | 12 décembre 2005
Nous sommes dans la même démarche depuis bientôt deux ans et jamais au grand jamais nous ne le vivons comme un sacrifice ni comme un effort. Bonnes fêtes à vous (ne vous découragez pas).
Ecrit par : mamansursaplanete | 23 décembre 2005
au sujet de cette phrase
" Je me dis parfois qu'il serait plus simple de vivre la décroissance volontaire en s'isolant plus du monde."
je te conseille de voir ce film "Le village" , c'est exactement ce qui s'y passe :)
Laurent
Ecrit par : Laurent | 26 décembre 2005
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