06 juin 2005

Le bonheur ne se consomme pas, il s'apprend.

Quand j'ai commencé à essayer de faire réagir mes concitoyens au dérèglement climatique, je me suis vite rendu-compte qu'il n'est pas facile de convaincre son semblable, même quand on a le soutien de tous les scientifiques de la planète ! Et il suffit de regarder le "Compteur citoyen"
pour se rendre compte du résultat de nos efforts, alors que nous oeuvrons dans un domaine rationnel...

Néanmoins, me voilà engagé dans un autre combat, on ne peut plus irrationnel : vous persuader que vous n'êtes pas heureux parce que vous êtes trop riche !

Et pourtant, le moins que l'on puisse dire, c'est que je me sens totalement intégré à notre société moderne, et que je n'appelle donc nullement à la création d'un ordre nouveau. Cependant, plus je dialogue avec mes contemporains, plus je me rends compte de la dérive de nos raisonnements ! À force d'appréhender la vie au travers du prisme déformant de notre société, nous en arrivons à perdre le sens de la mesure.

Comme j'ai essayé de l'expliquer dans La vérité est ailleurs, il est clair que la société de consommation nous crée des besoins dans le seul but de préserver ce qui lui permet d'exister : la croissance. Du coup, qu'une majorité d'entre nous cherche à profiter à fond du système, sans se préoccuper le moins du monde de sa viabilité, cela me désespère, mais je peux le comprendre.

Par contre, ce qui me désole profondément, c'est que ceux-ci mettent en danger l'avenir de notre planète alors qu'ils courent après un mirage : ils ne sont pas heureux !

À ce stade, bien évidemment, il va falloir essayer de définir ce qu'est le bonheur. Or, s'il y a un sujet qui a fait déjà couler beaucoup d'encre, c'est bien lui. Je n'essayerai donc même pas de me lancer dans un discours plus ou moins philosophique qui ne ferait que démontrer mon incompétence dans ce domaine, et qui n'apporterait rien de plus au débat. Par contre, je vais vous donner la définition sur laquelle je base le mien :

On est heureux à partir du moment où l'on apprécie son existence.

Aussi simple que puisse paraître cette définition, elle a pourtant la particularité de proposer au lecteur autant de profondeur qu'il en accorde lui même à sa vie. Autrement dit, plus vous vous interrogez sur votre existence, plus vous trouverez dans cette phrase de quoi vous aider.

Inversement, si vous trouvez celle-ci ridicule, il est clair que votre mode de pensée n'a encore pas eu le temps de mûrir. En effet, estimer que l'on ne pourra jamais apprécier son existence est pour le moins négatif. Naturellement, on peut être plus nuancé et faire valoir que chercher à améliorer sa vie est naturel, et cela sera d'ailleurs notre premier point commun ;-) ! Ceci posé, nous devons quand même chercher à préciser le but de l'amélioration. Suis-je plus heureux en parvenant à avoir une quatrième télévision ? Ou une voiture plus grosse ?

En fait, ne sommes nous pas en train de confondre confort et bonheur ? S'il est vrai qu'accéder à un certain confort peut apporter un sentiment de volupté, il est non moins vrai que celui-ci ne peut qu'être temporaire. Et c'est justement ce phénomène d'habitude qui nous pousse à avoir toujours plus. Pourtant, je suis sûr que tout le monde a dans ses souvenirs des repas mémorables, alors même que la nourriture n'y avait rien d'exceptionnelle. Comme quoi, le ressenti à son mot à dire.

Et c'est justement cette notion qui est fondamentale ! Est-ce qu'une personne qui a les moyens de s'offrir le restaurant tous les jours, trouvera plus de plaisir dans ses repas que moi dans les miens (évidemment, je pars quand même du principe que je mange à satiété) ? Sans vouloir être péremptoire, je suis sûr que non, puisque l'habitude nous placera sur un pied d'égalité. Ce qui fera la différence viendra de notre état d'esprit. Et si cette personne est préoccupée à cause de son travail (qui lui permet justement d'avoir autant d'aisance, mais qui a forcément des contre-parties), alors que mes pensées sont exemptes d'inquiétudes, j'estime que je suis le plus heureux.

En fait, le comble vient que ceux qui ont le plus de raisons d'être heureux, d'après les critères de notre société, n'ont pas le temps de l'être !


TM, Vierurale.com, décroissance volontaire.

Commentaires

Je crois que le mot bonheur fait peur. Mais grosso modo je suis d'accord sur tout. J'ai laissé mon email pour dialoguer, mais je n'ai pas encore visité tout votre site, il va falloir que je trouve le temps... Or je suis absente dix jours mais pas forcément du web. A bientôt de toute façon.

Ecrit par : Dilettante | 09 juin 2005

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