11 juin 2005
La vérité est ailleurs (3e partie/5)
Un choix d'avenir
Pour résumé, si la société de consommation a permis à l'écrasante majorité d'entre nous de bénéficier des bienfaits de la technique, sa survie passe maintenant par notre aliénation à la recherche du "toujours plus". Or, comme le dit si bien sœur Emmanuelle, cette quête ne peut pas remplir notre vie.
Du coup, tous les petits sacrifices qui pouvaient sembler si anodins, comme la promiscuité, le bruit ou le béton, changent de dimension dès que nous ralentissons notre course folle. L'important, finalement, c'est de ne pas se sentir seul, surtout quand on l'est. Or seul des liens profonds tissés avec nos semblables peuvent nous apporter ce sentiment là.
Mais ces liens ont besoins de temps pour se mettre en place. Heureusement, comme nous l'avons vu plus haut, nous sommes les premiers à bénéficier d'un "capital temps" aussi important. À nous, donc, de choisir si nous voulons le convertir en argent, ou en bonheur...
Bien évidemment, imaginer une soirée sans télévision peut donner des frissons à certains d'entre nous, pourtant nos grands-parents y ont survécu ! Sans vouloir revenir à la chandelle, pourquoi ne pas imaginer une soirée lecture, bricolage (maquette, puzzle, ...) ou jeux de société. Quelque soient vos goût, vous vous rendrez vite compte que, non seulement l'absence de publicité et d'informations ne vous empêchera pas de dormir, mais qu'en plus, de nouveaux échanges s'installerons dans votre famille.
En fait, à partir du moment où l'on accorde une richesse humaine au temps, vouloir sacrifier celui-ci pour augmenter son pouvoir d'achat apparaît vite comme une absurdité. Qu'est-ce qui vous fait penser que votre enfant trouvera plus de plaisir en faisant un tour de manège seul, plutôt qu'en partant à l'attaque des méchants bandits sur votre dos ? Aura-t-il raté sa vie si vous avez préféré dévaler les prés en luge avec lui, après avoir réalisé un igloo ou un bonhomme de neige, plutôt que de l'envoyer au ski ? Est-il plus agréable de tremper ses pieds en bord de mer, en compagnie de quelques centaines d'autres personnes, ou dans un ruisseau avec des oiseaux et quelques vaches comme uniques voisins ?
Sortir des schémas que nous proposent nos média n'est pas si difficile, surtout qu'ils sont trompeurs ! Pouvez-vous seulement imaginer qu'il n'y a que 10% des français qui partent aux sports d'hivers, alors qu'on en parle à la télé tout l'hivers ? De la même manière, qui se risquerait à dire qu'un français sur 3 ne pars pas du tout en vacances (en fait, nous sommes 38% à ne pas être partis du tout en vacances en 1999 [toutes ces données proviennent de l'INSEE]). Arrêtons donc d'écouter le chant des sirènes et essayons de construire notre vie à notre image.
08:30 Publié dans 08.LA VERITE EST AILLEURS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Décroissance volontaire
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