15 mars 2005

Il faut réagir.

Mais arrêtons la surenchère et revenons à des faits avérés. Les résultats de la première étude complète sur l'impact du réchauffement climatique, réalisée par une vingtaine de chercheurs internationaux (sous la direction du biologiste britannique Chris Thomas, de l'Université de Leeds, en Angleterre), ont été publiés le 8 janvier 2004 dans la revue scientifique Nature.
[Nature ( http://www.nature.com/) est une revue scientifique à comité de lecture].

Cette publication démontre que même une très faible augmentation de la température moyenne du globe - et je rappelle que nous savons déjà que, quoi que nous fassions aujourd'hui, nous atteindrons les fourchettes basses des prévisions ! - a des répercussions catastrophiques sur notre écosystème.

Pour ne prendre que l'exemple du pommier, les chercheurs de Provence (Avignon) suivent de très près l'adaptation du Carpocaps (larve de papillon) au changement de climat. En effet, sa reproduction étant extrêmement liée à la température, et il arrive de plus en plus fréquemment que 3 générations se succèdent dans la même année, faisant passer de 500 à 10 000 le nombre de pommes qu'il détruit ! Soit des pertes multipliés par 20 ! Mais ce n'est pas tout, car il aura bientôt le soutient d'un autre insecte, la Pyral des fruits, qui sévit normalement au moyen orient, et qui a commencé à faire des apparitions dans la région...

Il n'est pas non plus difficile de comprendre qu'une espèce comme l'abeille, dont la reproduction est très sensible à la température (les ouvrières sont obligées de ventiler les ruches pour conserver une certaine température), intervient directement sur ce qui arrive dans notre assiette. L'Europe a même lancé un programme d'étude [ALARM - Assessing LArge-scale environmental Risks for biodiversity with tested Methods] sur 5 ans (2004-2008), pour étudier ces pollinisateurs qui interviennent dans 84% des espèces cultivées sur notre continent.

Dans le même ordre d'idée, on peut remarquer qu'une différence d'1° équivaut à un décalage vers le nord des zones de végétation de 100 à 150 km. La question devient donc : combien de temps faut-il à la végétation pour parcourir 100 kms ?

Une autre question a aussi tout son intérêt : y a-t-il la moindre chance que la situation se stabilise si nous ne faisons rien ?

Notre monde est le résultat d'un équilibre fragile. De nombreuses zones de notre planète, aussi bien terrestres que maritimes, nous démontrent que le foisonnement de la vie disparaît dès que certains de ces paramètres ne sont plus respectés. Or, chaque jour qui passe fait augmenter notre surplus de gaz à effet de serre, que celui-ci provienne d'un avion, d'une usine ou simplement de notre véhicule.


N'attendons donc pas d'être alité pour comprendre que nous sommes malade. Alors, agissez avec nous !

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